L’essentiel sur les voiries et chaussées

Bruno Caillard

On entend par chaussée le revêtement supportant les efforts quand les piétons et les véhicules circulent. Plusieurs couches de matériaux différents forment la chaussée. Il existe des chaussées souples faites en grave bitumé par exemple, des chaussées semi-rigides faites en laitier granulé et des chaussées rigides faites en dalle de béton.

Les chaussées, une superposition de couches

Les chaussées sont formées par une couche de fondation, une couche de base et une couche de roulement. A noter que la première et la deuxième couches sont réalisées avec du tout-venant de carrières ou de rivières ou encore des matériaux traités notamment les graves traités au bitume. Quant à la dernière couche, on se sert d’enrobés à chaud. Il se pourrait également qu’on trouve une couche anti-contaminante faite en sable fin, entre le terrain et la couche de fondation quand il s’agit d’un terrain argileux vu que l’argile peut remonter. Parfois, pour économiser sur le coût des travaux, on assemble en une seule couche plus épaisse la couche de base et la couche de roulement.

A titre d’information, après compactage les épaisseurs des matériaux formant les chaussées sont les suivantes : du sable à 5 cm, du tout-venant à 15 cm, du grave naturel à 15 cm, du grave ciment à 12 cm, du sable bitumé à 6 cm, du grave bitumé à 10 cm, du béton bitumineux à 3 cm et enfin des enrobés à 3 cm. Il faut également savoir que les chaussées sont conçues avec une pente transversale de 2% minimum et une pente longitudinale de 0,5% minimum.

Les techniques utilisées pour la construction des chaussées

Il y a diverses méthodes de réalisation de chaussées, notamment :

  • La chaussée empierrée

Elle est réalisée en se servant d’un hérisson de pierre d’une épaisseur entre 15 et 25 cm en dessus duquel on répand une couche de 15 cm de pierres cassées. Une fois que la superposition de matériaux est faite on passe ensuite au rouleau compresseur de 7 à 15 tonnes puis on arrose abondamment. Le but de ce procédé est que les pierres soient cimentées entre elles.

  • La chaussée en macadam mortier

Elle est conçue de la même façon que la chaussée précédente mais à la différence qu’au lieu d’utiliser des pierres cassées on se sert de mortier de ciment dosé à 500 kg/ m3 de sable. Souvent, un goudronnage ou une émulsion de bitume est appliqué en surface.

  • La chaussée en goudron

Comme son nom l’indique, on se sert de goudrons chauffés à 80° C pour la réalisation de ce type de chaussée. Pour ce faire, on le répand sur une première couche épaisse (2kg/m²) fortement sablée. Puis on coule une deuxième couche à 1kg/m². On recouvre ensuite le tout avec du sable et de gravillons sur 1,5 cm d’épaisseur. On procède par la suite au cylindrage de l’ensemble afin que les agrégats soient enrobés par le liant.

Il y a aussi la méthode de goudronnage à froid à base de goudron mélangé à de l’huile lourde dans une proportion de 10%. On cite également la méthode tarmacadam qui assure une plus longue longévité à la chaussée. Elle consiste à mélanger du goudron dans l’épaisseur du revêtement. Pour ce faire, la pierre est d’abord chauffée dans un four afin d’éliminer toute trace d’humidité. Ensuite elle est mélangée avec du goudron avec la proportion 45 litres par m3. Une fois que le mélange est posé sur la chaussée, on procède au cylindrage. Le tarmacadam présente alors une épaisseur de 8 cm environ. Il est posé sur un hérisson de pierre cylindré de 15 à 20 cm d’épaisseur.

  • La chaussée avec revêtement en béton bitumineux

Cette technique requiert l’utilisation de chaux grasse, de chaux hydraulique ou de ciment Portland et du bitume de pénétration comme liant avec une proportion de 6% en poids. On distingue par ailleurs le Sand Asphalt qui est formé par 50% de sable de rivière, 50% de sable de concassage, 2% de chaux et 6% de bitume. Il existe aussi le micro-béton formé par 60% de sable moyen, 30% de sable fin, 7% de filler, 3% de chaux grasse et 8% de bitume. Enfin, il y a le Scheet-Asphalt formé par 58% de sable moyen, 28% de sable fin, 10% de filler, 5% de chaux grasse et 9% de bitume.

  • La chaussée en béton

Avec cette technique, on obtient une chaussée d’une épaisseur finie comprise entre 20 et 25 cm. La chaussée est formée de deux couches à savoir la sous-couche formée par un béton dosé à 300 kg de ciment pour 0,8 m3 de cailloux et 0,4 m3 de sable et la couche de roulement formée par un béton dosé à 600 kg/m3 de gravillons de pierre dure. En ayant recours à cette technique, il est utile de ménager les joints de dilatation tous les 30 mètres. Par ailleurs, il faut que les joints soient obturés par un produit formé de fibres minérales, de fibres d’amiante, de caoutchouc ou de mastic. Il est par ailleurs conseillé de se servir d’adjuvants afin d’augmenter la qualité des bétons.

  • Le pavage de pierres

Il est réalisé en granite, en porphyre ou en schiste suivant les endroits. Les pavés ont une forme carré ou rectangulaire avec une dimension de 22x22 cm dans les zones urbaines. Chaque bloc de pierre est posé sur une forme de sable de 15 cm d’épaisseur minimum. Pour lier les pavés on les garnit avec du sable tandis que les carreaux sont battus jusqu’à la côte désirée. Pour la pose des pavés, on commence par les bordures ou grandes boutisses. On les place alternativement perpendiculaires et parallèles à l’axe de la chaussée. Ce sont le point de repère de la suite des travaux, elles ont donc besoin d’être parfaitement bien mises à niveau. Les autres pavés seront ensuite placés en rangées droites perpendiculaires à l’axe de la chaussée.

  • Le pavage mosaïque

Il est formé par des pavés cubiques présentant une dimension de 5 à 10 cm sur les côtés. Cette technique requiert l’utilisation de roches très dures comme le granit ou le basalte. La couche inférieure est formée par une fondation en béton de 15 cm sur laquelle on a posé un lit de sable de 3 cm d’épaisseur.