Comment restaurer un ouvrage en maçonnerie de briques ?

Bruno Caillard

Les constructions en briques anciennes ne sont plus nombreuses actuellement. On peut aujourd’hui les considérer comme un patrimoine. Il est donc utile de les rénover en nettoyant les joints. Pour les joints trop endommagés, provoquant des infiltrations, il est préférable de les supprimer. On peut aussi procéder au nettoyage proprement dit des briques.


Il faut savoir que les travaux de restauration d’une construction en briques dépendent de la gravité des dégradations. Si les joints sont infestés par l’humidité et la végétation, il faut se débarrasser dans l’urgence des herbes et de tous les végétaux. Si les joints sont grossiers, par souci d’avoir une construction durable, il est conseillé de les rénover en les affinant et en les rendant plus réguliers. Mais avant de procéder à la rénovation, proprement dite, il faut d’abord déceler les faiblesses du mur et réaliser les protections adéquates. Voici ensuite les étapes pour restaurer un ouvrage en maçonnerie de briques.

Etape 1 : Gratter les joints existants

Outils nécessaires : burin, marteau

Il faut commencer par taper le burin, avec le marteau, en plaçant sa pointe sur l’un des joints. Ensuite il faut retirer le joint sur 1 cm d’épaisseur environ pour pouvoir refaire un jointoiement étanche une fois sec. Cette épaisseur est aussi utile pour ne pas fragiliser le mur. Pour mener à bien les travaux, il faut se servir de gants pour se protéger des cloques et ampoules. Le travail de grattage des joints est très important quand on doit restaurer un ouvrage en briques anciennes.

Etape 2 : Nettoyer les briques

Après le grattage des joints, il faut maintenant s’occuper des briques. Pour cela, il existe plusieurs solutions dont la plus simple consiste à se servir de brosse à poils durs (exemple : une brosse à chiendent) et de lessive Saint Marc. Dans le cas où les briques sont recouvertes de plâtre ou de torchis, il faut se servir de brosse métallique, de l’eau et de lessive. Pour des briques en piteux état, il faut se servir carrément de l’acide chlorhydrique. Pour ce faire, il faut verser un bouchon d’acide dans cinq litres d’eau. Il faut ensuite se servir d’une brosse à chiendent pour nettoyer les briques. Si vous devez avoir recours à cette technique, protégez vos mains avec des gants épais.

Etape 3 : Préparer l’enduit de jointoiement

Il existe plusieurs techniques de jointoiement. La méthode traditionnelle consiste à réaliser un mortier classique de couleur grise. La préparation du mortier consiste à réaliser un dosage de 3 volumes de sable avec 1 volume de ciment. Pour l’appliquer, il faut se servir de taloche et de fer à joints. Il suffit de réaliser les joints selon votre convenance : droits, convexes ou obliques.

Si vos briques sont de couleur rouge, il est préférable de se servir d’un jointoiement avec du ciment blanc que vous pouvez également mélanger avec du colorant. Néanmoins si vous optez pour cette méthode, sachez que le colorant change de ton après le séchage. Il est donc conseillé de faire un essai sur une surface propre avant de rajouter du colorant au ciment blanc.

Remarques :

  • Avant de réaliser le jointoiement, il faut que les briques soient humectées pour qu’elles n’aspirent pas l’eau du mortier par capillarité.
  • Il faut que le mortier soit poussé et bien comprimé au fond de la cavité. Pour ce faire, il faut appliquer des couches minces en enchaînement, en s’assurant que chaque couche ne s’assèche pas.
  • Il est également utile que la température des surfaces et du mortier soit maintenue entre 5°C et 30°C pendant 72 heures au moins. Si vous réalisez les travaux en période hivernale, il faut se servir d’abrivents pour que le mortier ne se gèle pas dans les heures qui suivent sa pose. Cela risque en effet de lui faire perdre les propriétés, risquant ainsi de porter préjudice à la durabilité de l’ouvrage. Par contre, si les travaux sont réalisés en été, il faut procéder uniquement au rejointoiement sur les parties ombragées du mur ou en mettant en place un dispositif pour protéger les joints frais du soleil. En effet, au delà de 25°C, le mortier peut sécher trop rapidement et des fissures de retrait peuvent se présenter.