Comment monter un mur en parpaings ? Les parpaings en béton

Bruno Caillard

Monter un mur en parpaings est certes beaucoup plus simple à réaliser que construire un mur en briques puisqu’il n’est plus question des différents types d’appareillage. Mais on devra quand même faire attention car sa réalisation nécessite une grande technique de mise en œuvre et de précision.

La construction en parpaings est la plus sollicitée en ce moment pour sa stabilité et sa résistance. Sa réalisation nécessite un savoir-faire d’une part des techniciens et d’autre part des ouvriers qui l’exécutent. De ce fait, avant de penser à sa réalisation, il faudra réfléchir au type de parpaings à utiliser et déterminer le nombre de blocs nécessaire à sa réalisation.

Avantage des murs en parpaings

Plusieurs avantages résultent de la décision de faire ériger un habitat en mur de parpaings au vu des caractéristiques de ce matériau. En effet, il réagit et résiste très bien face aux incendies et aux flammes en ne mettant pas en danger les fondations de la construction. Dans le cas où il va y avoir des dommages, le parpaing est plus facilement réparable et remplaçable que le bois qui va demander à revoir toute la construction. Le parpaing est une bonne alternative contre les risques sismiques dans les zones à risque car le parpaing est souvent constitué d’une tige d’acier et d’un mélange de ciment, de graviers et de sable qui vont lui assurer une bonne résistance face aux aléas climatiques comme les vents forts ou les tremblements de terre.
Le parpaing est aussi utilisé en construction car c’est un excellent isolant phonique grâce à sa capacité d’absorber les bruits. De même, l’isolation thermique est largement assurée avec le parpaing et les économies d’énergie sont notables. Enfin, son prix et sa mise en œuvre assez simple lui permettent d’intégrer tous les projets de construction de bâtiment.

Les outils et matériaux nécessaires

Pour élever un mur en parpaings, il nous faut les matériaux de base suivant :

  • le mortier qui comprend le sable, le gravillon, le ciment et l’eau
  • les parpaings

En plus des matériaux, il faut également avoir les matériels adéquats :

  • des piquets de bois d’environ 60 cm de longueur
  • des cordeaux, du fil à plomb
  • une massette
  • une meuleuse électrique
  • une auge ou une taloche de maçon
  • une équerre de maçon
  • une règle de maçon
  • un niveau à bulle
  • un seau
  • une truelle
  • une truelle à joint
  • des bâches de protection


Préparation du mortier

Préparation de mortier

La préparation du mortier ne présente pas de difficultés particulières. Pour cela, il faut mélanger au malaxeur ou à la main du sable et du ciment (3 unités de sable pour 1 unité de ciment en volume ). Si possible, utiliser du sable lavé (exempt de fines et d’argile), du ciment artificiel ou une préparation de ciment-chaux que vous pourrez trouver chez certains fabricants. Cette étape est effectuée soit dans une auge (ou gamatte) ou sur une surface plane que l’on a préalablement nettoyée. L’adjonction d’un fluidifiant améliore les caractéristiques du mortier : réduction de l’eau, plasticité, pas de ségrégation (remontée d’eau dans la brouette et le mortier dur reste au fond).

Pose de la première rangée

Ensuite, on va disposer une première rangée de parpaings à sec afin de déterminer les différentes coupes à prévoir. Il est plus pratique d’utiliser une meuleuse mais ils peuvent être coupés avec un ciseau si vous êtes un professionnel de la maçonnerie.
Poser un à un les blocs de béton et doser les composants du mortier en fonction du format de parpaing.

Partie à couper

Remarque :
Le découpage du parpaing peut prendre un certain temps, entraînant le durcissement du mortier. Ainsi, cette opération nécessite au minimum deux mains d’œuvre.

Dans une construction, la maçonnerie doit avoir une bonne perpendicularité, verticalité et horizontalité. L’utilisation du cordeau est recommandée pour remplir ces critères. Ainsi, vous pouvez procéder comme suit :

  • On étale une couche de mortier assez épaisse de un à trois centimètres pour la pose du premier parpaing.
  • On pose les parpaings extrêmes pour servir de référence et pour guider le cordeau. Il faut qu’ils soient bien aplomb et à niveau. Ensuite, on plante les piquets sur les angles et en intermédiaire si la distance couverte est trop grande.
  • On tire le cordeau d’un piquet à un autre, comme pour les briques. On tend le cordeau entre les parpaings extrêmes et on aligne les parpaings intermédiaires et ainsi de suite.


Mise en place du parpaing de référence
Vérification de l’aplomb et de l’alignement
Mise en place de cordeaux


Elévation des murs de parpaing

Remarque :
Avant tout, il est à noter que le procédé d’élévation d’un mur en briques et d’un mur en parpaings n’est pas du tout le même. Pour le mur en brique, il suffit de prendre l’aplomb de la première brique et de reprendre celui-ci à la cinquième ou à la sixième assise. Tandis que pour le mur en parpaing, il est obligatoire de prendre son aplomb sur chaque assise.

Si le premier parpaing présente une erreur au niveau de l’aplomb, de la perpendicularité ou de l’horizontalité, le reste présentera les mêmes erreurs.


Astuce : si la distance du mur est trop grande, on peut utiliser un tuyau à niveau (un tuyau à niveau est constitué d’un tuyau transparent rempli d’eau).

Il faut respecter les joints et les remplir de mortier avant la pose de la prochaine assise.
A chaque assise, il faut faire quelques vérifications pour éviter d’éventuelles inclinaisons (ou bombements) et afin d’assurer une parfaire esthétique de l’ouvrage.

  • Le deuxième rang se pose évidement de la même façon que le premier. Penser à croiser les joints verticaux de la moitié à un tiers de la longueur et démarrer éventuellement avec un demi parpaing sinon le parpaing du mur perpendiculaire créera le décalage nécessaire.
  • Plombez les parpaings d’angle sur eux-mêmes et sur celui du bas. Idem pour les autres rangs : plomber si possible sur le même parpaing bas et du même coté du mur.
  • On élève le mur en respectant toutes les conditions citées auparavant et on continue ainsi.


Alignement de pose

Utilisation de cordeux servant de guide

Etalage du mortier

Étaler le mortier sur une épaisseur d’environ 2 cm



Pose de parpaings
Vérification de l’aplomb et de l’alignement du mur



Parpaing d’angle

Des parpaings d’angle doivent se poser sur chaque extrémité de la rangée pour que leurs creux puissent faire glisser les ferrailles.

Et enfin, remplir les joints de parpaings avec du mortier puis laisser sécher quelques jours. Répéter ces opérations à chaque nouvelle rangée de parpaings jusqu’à ce que le mur atteigne sa hauteur définitive.

Attention : un mur sans retours (mur perpendiculaire ) un peu haut (à partir de deux mètres) en plein air est très fragile et il ne supportera pas la pression du vent.

Poteau

A ce propos, on peu avantageusement se servir d’éléments creux débouchés (parpaing d’angle) pour réaliser un poteau ferraillé : intégrer 2 à 4 fers verticaux et du béton vibré (sable, gravier et ciment ou ciment uniquement sans chaux ). Ces fers doivent être reliés aux fondations et doivent donc être posés avant le coulage de la fondation en réservation (dépassement de 40 à 50 cm).
Dans le cas où vous ne pouvez pas utiliser des parpaings d’angle, vous pouvez aussi mettre en oeuvre des poteaux en béton armé qui sont des éléments porteurs verticaux avec armature incorporée.

Joints de dilatation

S’il s’agit d’un mur de clôture, il est bon de prévoir des joints de dilation verticaux tous les 4 mètres environ (le plus simple étant de scier le mur au disque diamant de 2 ou 3 cm de profondeur dans les quelques jours suivant la construction). Ceci est important sinon le mur fendra de n’importe où et souvent en escalier. L’enduit devra respecter ces coupures.

Chaînage

Suivant la configuration, on pourra faire un chaînage en haut du mur.

  • Coffrer avec deux panneaux de coffrage de part et d’autre et les maintenir avec des serre-joints de niveau ou d’autres systèmes de fixation.
  • Mettre deux fers horizontaux (épingles) de 8 mm de diamètre, évidemment torsadés.
  • Couler le béton dosé à 350 kg de ciment au mètre cube.
  • Décoffrer le lendemain et enlever les bavures.

Voilà c’est terminé !

Remarques :
Lors les travaux de montage des murs en parpaings, des difficultés incontournables peuvent souvent être rencontrées lors du montage. Ceci concerne souvent le dosage du mortier. Le temps n’était pas clément, le sable à utiliser peu comporter du gravier. Or, ceci ne permet pas une pose de parpaings toujours stable. Les parpaings reposent sur les petites pierres au lieu de s’enfoncer dans le mortier. Ainsi, on vous conseille de faire très attention au choix des matériaux à utiliser. Mais malgré tout, si jamais vous êtes face à ce problème, celui-ci peut se corriger avec la finition par de l’enduit ou des plaquettes de parement.

En somme, les matériaux de construction et d’isolation doivent être à la fois résistants à la compression, économes en énergie et avoir des propriétés isolantes. Les propriétés du parpaing impliquent le fait que malgré une consommation d’énergie grise notable, aux environs de 1 800 kWh / m3 d’énergie primaire non renouvelable consommée, ce matériau est encore privilégié, surtout dans la construction d’habitations collectives.