Reprise en sous-oeuvre

Bruno Caillard

Lors d’une nouvelle construction, il arrive que l’emplacement de la fondation ait une incidence sur d’autres fondations déjà existantes. L’une des étapes importantes lors de l’exécution du chantier consiste alors à réaliser une reprise en sous-oeuvre pour stabiliser la nouvelle et l’ancienne fondation. Plusieurs techniques sont utilisées actuellement pour la reprise en sous-oeuvre.

Lors d’une construction, la reprise en sous-œuvre peut être utile quand l’un de ces cas se présente :

  • La nouvelle fondation doit être réalisée sous une fondation existante, avec une ligne de pente supérieure à 2/3, nécessitant la transmission des charges verticales à un niveau plus bas.
  • La nouvelle fondation est mitoyenne à une fondation déjà existante, nécessitant de ce fait la reprise de poussées horizontales des terres qui sont l’appui de la fondation.

Les techniques de reprise en sous-œuvre

Selon la structure du bâtiment et la nature du terrain sur lequel sera réalisée la construction, il existe divers types de reprise en sous-œuvre.

Reprise en sous-œuvre par augmentation de la surface d’appui

Cette technique est préconisée quand la surface d’appui de la semelle n’est pas suffisante notamment quand le sol va être surchargé. On procède alors à l’augmentation de la surface d’appui lors de la reprise en sous-œuvre.

  • RSO sur semelles filantes

Si on peut accéder à tous les côtés des semelles filantes, il faut alors faire passer de place en place, sur la fondation existante, des traverses. Des longrines en béton armé seront ensuite placées à chacune des extrémités qui longent la fondation existante. A noter que la largeur de chaque longrine est fonction de la surface ainsi que celle de la semelle existante.

  • RSO sur semelles isolées

Dans le cas d’une semelle en béton, le renfort consiste à placer un corset de béton armé. En retirant le béton, le nouveau béton sera serré sur le noyau intérieur du béton ancien. Ce dernier sera repiqué à la surface pour une bonne liaison entre les deux bétons.

Reprise en sous-œuvre par report des charges en profondeur

Quand il n’est pas possible d’élargir ou d’améliorer le sol ou quand il est utile de réaliser un approfondissement jusqu’à une partie plus résistante, la reprise en sous-œuvre par report des charges en profondeur est utile.

  • RSO par puits alternés

Cette méthode est requise pour les terrains à superficie faible. Pour commencer, on procède à une excavation à parois verticales puis à un étaiement de la fouille pour repérer les fondations du bâtiment. Par la suite, on creuse des puits jusqu’à la profondeur adéquate aux normes de sécurité. Enfin, on bétonne les puits. A noter que cette méthode n’est pas recommandée quand il y a présence de nappe phréatique dans le sol, au risque d’éboulement.

  • RSO par tranchées blindées

Cette technique requiert un terrassement manuel. Pour cette méthode la fouille ne se fait pas de manière linéaire mais alternée. Pour ce faire, on creuse des tranchées de 30 à 50 cm de profondeur. Cette technique est courante dans les constructions en milieu urbain

  • RSO par micropieux

Il s’agit d’une technique qui vise à reporter les charges en profondeur en se servant de micropieux (diamètre inférieur à 250 mm). Ces derniers sont ensuite armés de tubes métalliques puis fixés au terrain par un coulis de ciment. Si le mortier est injecté par pression, trois types de micropieux peuvent être utilisés à savoir l’injection gravitaire (type II), l’injection globale unitaire de coulis de ciment (type III) et l’injection répétitive et sélective (type IV).

  • RSO par pieux

Il s’agit d’une technique consistant à créer une longrine repris par des consoles en tête des pieux. Les tubes sont formés par des pièces de 1,5 m qui sont assemblés entre eux au cours de la descente.

  • RSO par pieux méga

Il se base sur la même technique que les micropieux mais le diamètre des pieux se situe entre 20 à 45 cm, c’est de la d’ailleurs que cette technique de reprise en sous-œuvre tire son nom.

Etudes à réaliser avant la reprise en sous-œuvre

Vu la diversité des techniques de reprise en sous-œuvre, il faut effectuer quelques études préalables pour choisir la bonne technique. Voici les paramètres à retenir avant le choix de la technique de reprise en sous-œuvre :

  • Le sol :
    Si possible il faut commencer par voir les cartes géologiques pour déterminer la nature du sol. Il est aussi recommandé de procéder à l’étude des échantillons du sol au laboratoire ou par des essais sur place. Il est par ailleurs nécessaire de déterminer le positionnement de la nappe phréatique par rapport aux fondations. L’étude du sol est un paramètre qui influe grandement sur le choix de la méthode de reprise en sous-œuvre à appliquer. Il va aussi permettre d’évaluer la profondeur de l’intervention.
  • Les structures :
    Il faut aussi étudier la structure du bâtiment qui aura besoin des travaux de reprise en sous-œuvre. Cela est nécessaire pour éviter les erreurs de répartition des charges pendant l’exécution du chantier et une fois qu’il est terminé. L’étude des structures consiste à déterminer les éléments porteurs ainsi que les descentes de charges. C’est aussi une étude requise pour situer les probables zones de désordre.
  • Les fondations :
    Etant donné que la reprise en sous-œuvre se fait au niveau des fondations, il est logique d’étudier aussi le type de fondations, sa profondeur, son état, la nature du sol d’assise et son état ainsi que l’état du ferraillage. Cette étude pourra être effectuée par fouilles manuelles.
  • Les paramètres environnementaux :
    L’étude va se pencher sur les types d’ouvrage en sous-sol se trouvant près des futures fondations, sur les cavités artificielles (carrière, puits), l’accès au chantier (plus difficile en milieu urbain).

Si toutes ces études sont réalisées dans les normes, il est évident que la reprise en sous-œuvre se déroule dans les bonnes conditions. En effet, grâce à la connaissance de tous ces critères, on pourra déterminer le type de travaux de reprise en sous-œuvre à réaliser, assurant ainsi un bon déroulement du chantier ainsi qu’une bonne résistance de la construction dans le temps.