Humidité des fondations

Bruno Caillard

L’humidité des fondations est un cas fréquent. A son origine, il y a la remontée capillaire de l’eau, c’est-à-dire que l’eau remonte du sol par capillarité. Le phénomène de remontée capillaire s’observe souvent au niveau des caves ainsi que sur les parties basses des murs extérieurs. Les refends peuvent aussi présenter des remontées capillaires jusqu’à un mètre au niveau des rez-de-chaussée. Cela est dû à l’exposition fréquente des sols à l’humidité à cause des eaux de pluie ou encore de la présence des nappes phréatiques.

Quand le sol est humide, l’eau s’infiltre alors dans la maçonnerie et remonte par capillarité le long du mur.

Remontées capillaires et nature du terrain

Selon la nature du sol sur lequel ont été bâties les fondations, la rétention d’eau peut varier.

  • Terrain perméable : il n’y a pas de rétention de l’eau de ruissellement quand il s’agit de terrain perméable comme le sable ou le gravier. L’humidité des fondations se présente uniquement quand il y a inondation.
  • Terrain à faible perméabilité : de par leur nature, ce type de terrain peut retenir l’eau qui, au fil du temps, va se stagner au niveau des fondations ainsi que des murs du sous-sol.

Les solutions face à l’humidité des fondations

Pour remédier aux remontées capillaires, il existe plusieurs solutions :

  • Solution 1 : étant donné que les remontées capillaires s’observent souvent dans les caves, on peut y remédier en assainissant les caves. L’élargissement des ventilations naturelles est aussi une solution préconisée.
  • Solution 2 : on peut aussi procéder au dénivellement du terrain extérieur. Une autre idée consiste aussi à la création d’une pente dirigée vers l’extérieur du bâtiment. De cette manière, les eaux de ruissellement seront redirigées vers une autre direction.


Dénivellement du terrain extérieur
  • Solution 3 : il arrive aussi qu’une fuite au niveau des gouttières et de la descente d’eau soient à l’origine des remontées capillaires, il est donc nécessaire de les vérifier.
  • Solution 4  : beaucoup pensent que la mise en place des revêtements étanches intérieurs et extérieurs protège les fondations contre les remontées capillaires. Mais au contraire, cela favorise la remontée de l’eau dans le mur. Il faut donc les supprimer. Il en est de même pour les cloisons de doublage avec lames d’air ventilé. Si jamais la ventilation présentait des défaillances, la remontée capillaire est inévitable. Dans ce cas là, il faut soit réparer le système de ventilation, soit supprimer les cloisons.
  • Solution 5 : Pour les murs en pierre ou encore en parpaings, la solution face aux remontées capillaires consiste à insérer des plaques étanches à l’intérieur des murs.
  • Solution 6 : le drainage

Il existe plusieurs techniques de drainage selon que l’on souhaite empêcher l’eau de s’infiltrer jusqu’aux fondations et aux murs ou que l’on souhaite empêcher l’eau de s’infiltrer dans les maçonneries, surtout au niveau des murs des locaux habités.


Bande étanche intérieure et extérieure à supprimer
Création d’une plaque ou bande étanche dans la maçonnerie


1. Technique pour empêcher l’eau de s’infiltrer dans les murs

  • La technique traditionnelle consiste à remplir la tranchée drainante avec des matériaux de granulométries différentes. Il faut cependant s’assurer que les matériaux qui entourent le drain ne vont pas l’obstruer. Par ailleurs, il est à préciser que cette technique n’est réalisable que si les eaux retenues par la tranche drainante circulent en surface ou sur la partie supérieure de la tranchée.


Drainage en terrain peu perméable surplombé d’une couche perméable

Par contre si les eaux de ruissellement arrivent au niveau d’une couche présentant de gros granulats, les particules qu’elles emmènent ne seront pas filtrées, pouvant ainsi boucher le tuyau de collecte. Ce cas se présente aussi si la tranchée drainante est remplie avec plusieurs couches de granulats. Dans l’un ou l’autre cas, il faut se servir d’un tuyau de collecte en béton poreux à joints étanches. Une autre solution consiste également à l’utilisation de plusieurs couches de produits noirs en émulsion à appliqués à froid. L’utilisation d’un dispositif combinant une chape de type 40 TV enveloppée d’une feuille d’aluminium et mise en couvre par collage à chaud est aussi une solution préconisée.

Drainage en terrain perméable (solution 1)
Drainage en terrain perméable (solution 2)



Drainage avec granulats de différentes dimensions (solution 1)
Drainage avec granulats de différentes dimensions (solution 2)



Méthode pour empêcher le contact du terrain humide avec la maçonnerie
  • Une autre technique pour empêcher le contact entre le sol humide et le mur consiste à la mise en place de hourdis (par méthode savoyarde), de bardage (avec des plaques ondulées) ou encore de plaques en béton moulé avant de remplir la tranchée avec les divers granulats. A noter que cette technique est préconisée pour les murs existants dont la surface ne peut être protégée avec de l’enduit.
  • Une technique très simple consiste à éloigner les eaux de ruissellement du mur enterré soit en installant des toitures débordantes. Il est à noter que ce procédé n’est réalisable que pour les constructions de faible hauteur, soit en mettant en place des dallages périphériques ou encore des trottoirs en bordure du bâtiment. Pour que cette technique fonctionne, il faut réaliser une légère pente vers l’extérieur.

2. Techniques pour empêcher l’eau de monter dans les maçonneries

Il existe aussi des techniques pour arrêter la remontée des eaux de ruissellement au niveau de la coupure étanche et du plancher du rez-de-chaussée ou encore au dessus du chaînage surmontant la maçonnerie de soubassement (dallage sur terre-plein). Deux techniques sont disponibles selon que l’on souhaite couper la capillarité avec un matériau en feuille ou avec une chape de mortier de ciment.

Coupure de la remontée capillaire dans la maçonnerie
  • Dans le premier cas, il faut d’abord fabriquer un matériau en feuille à partir d’une chape en bitume armé (type 40 TV) ou encore en feuille de polyéthylène de 200 micromètre au moins. Par la suite, le matériau ainsi fabriqué sera placé sur une couche de dressage de 2 cm. Pour finir, une couche de mortier de 2 cm servira de protection.
  • La seconde technique consiste à réaliser une chape de mortier de ciment avec un dosage très riche (500-600 kg par m3 de sable).

La première solution est la plus recommandée car le dispositif mis en place est à la fois étanche et souple. En plus, il n’y a pas risque de fissuration suite au retrait du mortier. Par ailleurs, le premier dispositif est plus résistant face aux légers mouvements de tassements différentiels.