Maçonnerie portante

Bruno Caillard

Une maçonnerie est dite portante quand elle permet de transmettre les charges venant du bâtiment vers les fondations. On l’appelle aussi mur porteur car elle est un constituant de la structure porteuse du bâtiment.
Ainsi, le mur est principalement calculé pour supporter une charge importante en plus de son poids propre.

Différents types de maçonneries portantes

On peut distinguer les maçonneries portantes non-calculées et les maçonneries portantes calculées. Il est inutile de calculer ces maçonneries pour les bâtiments inférieurs à 4 niveaux. Toutefois, pour les bâtiments de grande envergure, le calcul de ces maçonneries est indispensable.

La transmission des charges

Maçonneries portantes non-calculées

Pour les maçonneries portantes non-calculées, des paramètres de sécurité portant sur l’épaisseur des murs doivent être pris en compte afin d’assurer la résistance des murs :
• L’épaisseur des murs non porteurs ne doit pas être inférieure à 9 cm,
• Les murs porteurs tels que les murs de façade et les murs de refend ne doivent pas avoir une épaisseur inférieure à 14 cm,
• Les murs se trouvant en sous-sol ne doivent pas avoir une épaisseur inférieure à 29 cm.

Maçonneries portantes calculées

Les maçonneries portantes calculées s’appliquent pour les constructions plus élevées ou pour les constructions dont les chargements sont supérieurs à la normale par rapport aux charges rencontrées dans les constructions classiques.

Maçonnerie chaînée

Outre le fait d’être appelée « mur porteur », la maçonnerie portante peut également être nommée maçonnerie chaînée. La maçonnerie chaînée est un système de construction dans lequel les murs sont construits avant le coulage des chaînages verticaux et horizontaux ou ceintures. Dans ce cas de figure, les chaînages verticaux ne sont pas des poteaux. La différence réside dans le fait que le poteau a pour rôle d’assurer la reprise des charges verticales et quelques fois des charges horizontales s’il est compris entre deux poutres. Par contre, ici, les chaînages verticaux renforcent uniquement les murs et ce sont les murs qui portent les diverses charges.

Mise en œuvre

Exemple d’une construction en maçonnerie chaînée

Selon l’appareillage choisi, les éléments de maçonnerie (briques, blocs de béton...) sont mis en place en premier.
En cliquant sur les liens qui vont suivre, vous pourrez constater les différents types d’appareillages et le montage d’un mur en parpaing.
Les murs porteurs seront connectés avec les chaînages verticaux par un système d’harpage des bouts de murs. Ainsi, le béton entre en dent de scie dans les éléments de maçonnerie. Ensuite, les coffrages seront placés soigneusement. Les armatures des chaînages étant déjà en attente, il suffira alors de couler le béton. Vous pouvez consulter l’article sur le coulage des éléments de structure pour parfaire votre coulage.

Avantages

  • A l’aide des chaînages autour du mur, les fissures dues aux charges horizontales, notamment à cause des séismes, peuvent être empêchées ou du moins limitées. Ainsi, la structure devient rigide et ne bouge pas dans tous les sens.
  • Contrairement au système poutres-poteaux où les murs de remplissage peuvent sortir du cadre, les murs de la maçonnerie chaînée ne se désolidarisent pas facilement.
  • Pour une construction inférieure à 4 niveaux, les calculs ne sont pas indispensables.
  • La réalisation est simple et convient aux particuliers réalisant eux-mêmes les travaux de construction.
  • Le prix de la construction est abordable suivant les matériaux à mettre en oeuvre.
  • La construction dispose d’une grande longévité.

Inconvénients

  • La maçonnerie chaînée n’est faite que pour les petites constructions.
  • Cette technique de construction nécessite beaucoup d’armatures afin de chaîner les murs.
  • Elle offre de mauvaises performances thermiques en l’absence des isolants.