Escalier en pierre

Bruno Caillard

En raison de leur esthétisme qui est lisse, épurée et délicate, les escaliers en pierre sont considérés comme des classiques depuis plusieurs siècles. En effet, volumineux, robuste et présentant un aspect luxueux, il apportera à coup sûr de la valeur ajoutée et un cachet supplémentaire à votre propriété. De plus, à travers les années, il ne se ternie pas et ne perde pas de leur grandeur.

De nos jours, les escaliers ont pour fonction non seulement d’habiller mais aussi de donner beaucoup de charme à votre habitation lorsqu’ils sont placés au centre de la pièce. Les escaliers entièrement réalisés en pierre se font de plus en plus rares, on ne les rencontre plus que dans les châteaux ou les maisons ancestrales. En effet, de nos jours, ils comportent généralement une ossature porteuse réalisée en béton et la pierre ne sert plus qu’à habiller la marche et dans certains cas la contremarche.

Les utilisations de l’escalier en pierre

Dans la mesure où il s’adapte très facilement à votre propriété, il peut être installé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur d’un bâtiment. Pour qu’un escalier en pierre soit contemporain, moderne ou traditionnel, il suffit de bien choisir la pierre adéquate.
A l’intérieur, un escalier en pierre s’adaptera quelles que soient la taille et la décoration de votre maison. Il pourra servir d’escalier principal, d’escalier secondaire, et même d’un escalier au centre du décor. De ce fait, vous aurez la possibilité de le placer n’importe où sans pour autant rendre nuire à l’esthétique votre intérieur.
A l’extérieur, il sera utilisé pour donner accès aux terrasses, équiper l’entrée dans une habitation ou servir de franchissement de butée de terre pour devenir un escalier de jardin. En fonction du terrain, les pierres seront :

  • fixées dans une dalle de ciment
  • rapportées sur des marches en ciment
  • empilées avec la méthode de mise en place de la pierre sèche.

Les types de pierre pour la réalisation de l’escalier

La pierre peut être utilisée à l’état naturel ou à l’état reconstitué. Selon votre budget, la résistance du matériau souhaité mais également du style désiré, vous aurez le choix entre les matériaux de construction suivant :

La pierre reconstituée

Elle présente l’avantage d’être très simple à poser du fait de la régularité de ses angles. Elle possède une très large gamme de produits dont les qualités sont très variables. Toutefois, elle est sujette aux salissures et aux taches, d’où un traitement hydrofuge est nécessaire. Si elle est employée pour la réalisation d’un escalier en extérieur, il faut éviter l’emploi d’un karcher pour son nettoyage car ce dernier alternera la pierre.

Le granit

C’est un matériau naturel avec de grandes résistances et qui est assez onéreux. Son avantage principal est d’être antidérapant. Il est plus judicieux d’opter pour du granit naturel car il est plus résistant. S’il est poli, il est plus exposé aux rayures et aux chocs inévitables. Il est également disponible en plusieurs coloris. Il peut être utilisé pour la réalisation d’un escalier de jardin, de cour ou d’intérieur.

La pierre bleue

C’est une pierre naturelles à la fois esthétique et agréable. En plus d’être un matériau durable, elle offre un confort thermique, acoustique et sanitaire. Ne présentant aucun pore, elle sèche vite et elle se patine avec le temps. De plus, la végétation ne s’y accroche pas. Vous aurez également le choix sur sa teinte.


Le marbre

C’est un matériau très connu et extrêmement élégant dans la mesure où il donnera un air de château ou de palais à votre intérieur.

Avantage de l’escalier en pierre

La pierre est un matériau très noble, quasi-intemporel, élégante, très esthétique, solide et résistante. De ce fait, il conservera longtemps son aspect d’origine ainsi que son authenticité naturelle. Elle est souvent taillée sur mesure afin de faciliter sa mise en œuvre.
Si un traitement hydrofuge et oléofuge a été préalablement effectué sur le matériau, il sera très facile à entretenir. De plus, l’escalier en pierre résiste très bien aux contraintes extérieures telles que les intempéries.

Inconvénient de l’escalier en pierre

Son principal inconvénient est la durée de la réalisation des travaux qui est assez conséquent du fait qu’il est nécessaire d’attendre le séchage du béton. C’est également un matériau très coûteux dont le prix varie selon son type, son épaisseur, sa qualité ainsi que les moulures choisies.
Si la pierre aura pour fonction de recouvrir, un traitement hydrofuge et/ou oléofuge est quasiment indispensable.

La réalisation d’un escalier de jardin en pierre

Le dimensionnement de l’escalier

Pour obtenir la hauteur que l’escalier devra gravir, vous allez commencer par mettre deux piquets respectivement en haut et en bas de l’emplacement de votre futur escalier de jardin. Par la suite, vous allez tendre une corde horizontalement entre les 2 piquets et mesurer la différence de hauteur pour terminer.

Il faut savoir que pour une utilisation agréable et confortable d’un escalier de jardin tant en monter qu’en descente, la profondeur des marches doit être supérieure ou égale à 30 cm. La hauteur de marche quant à elle devra être comprise entre 15 et 18 cm.

Pour avoir un escalier bien dimensionner, vous pouvez consulter l’article sur le dimensionnement des marches.

Matérialisation du tracé de l’escalier

Commencez par tendre une corde ou une ficelle ayant la même hauteur que les nez de marche de la première et de la dernière entre les 2 piquets installés auparavant. Puis de l’autre côté, faire de même tout en reportant la largeur fixées précédemment.
Par la suite, vous devrez matérialiser l’emplacement de chaque marche. Pour ce faire, vous allez tout simplement mettre en place un piquet des 2 côtés de l’escalier au niveau de chaque nez de marche. Après vous allez y tendre une ficelle en vous assurant qu’elle ait la même hauteur que le nez de marche que votre futur escalier.
Pour terminer, vous allez ébaucher à la pelle et/ou à la pioche le profil général de l’escalier en commençant par le haut. Puis vous allez affiner la forme des marches en n’oubliant pas de réaliser des profondeurs de 5 à 10 cm de plus pour la mise en place de la fondation.

Cas 1 : Pose des blocs de pierre sur semelle

Vous allez commencer par réaliser un coffrage à l’aide d’un tasseau soutenu par des fers à béton à l’emplacement de la première marche. Sa hauteur doit être égale au surplus de profondeur que vous avez creusé auparavant (5 à 10 cm). Ensuite, vous allez y couler du béton et patienter entre 24 et 48 heures avant de décoffrer et remplir les creux avec du tout-venant.
Puis, vous devrez étaler un lit de sable ou du mortier bâtard sur la fondation avant de poser le premier bloc de pierre de la première marche. Pour éviter la stagnation de l’eau au niveau de la marche, vérifiez et assurez-vous d’avoir une légère pente à l’aide d’un niveau à bulle.
Pour la mise en place des marches suivantes, il faudra remplir l’assise se trouvant à l’arrière du premier bloc avec du sable ou du tout-venant. Puis, vous pourrez place le deuxième bloc en laissant un espace de 3 cm entre les blocs tout en s’assurer toujours de la présence de la légère pente. Il faudra procéder de la même manière pour la mise en place du reste des blocs.
Pour terminer, vous devrez sceller les joints entre les blocs avec du mortier après avoir patienter 24 heures.



Cas 2 : Pose de bloc massif sur paillasse coffrée

Vous allez tout d’abord commencer par mettre un coffrage de 20 à 25 cm pour la création d’une solide assise en béton. Puis, vous allez réaliser un fond plat marche par marche ou d’un seul tenant sur plan incliné à la manière d’une paillasse.
Par la suite, vous devrez mettre une couche de sable d’une dizaine de centimètres d’épaisseur dans le fond du coffrage et bien le tasser. Après, il vous sera nécessaire de remplir le coffrage de béton et même de l’armer avec de la ferraille au cas où le sol serait très instable.
Après avoir attendu que le béton sèche correctement, vous pourrez mettre en place les marches en bloc massif exactement comme pour le cas 1 décrit précédemment.