Construction d’un mur de soutènement De gros efforts pour économiser beaucoup d’argent

Bruno Caillard

AVERTISSEMENT : ce qui suit est un exemple de réalisation et non une formation. La construction d’un mur de soutènement est un ouvrage lourd à ne pas prendre à la légère. Je vous recommande de vous documenter et de consulter des professionnels. En cas de doute, ne réalisez pas cet ouvrage vous-même mais faîtes appel à un professionnel. Vous êtes responsable de vos actes et je décline toutes responsabilités sur l’usage de ce qui est fait de cet article.

Conception

Le Mur a été réalisé avec des blocs à bancher de 27cm de large, sorte de parpaings creux que l’on pose à sec sans mortier et que l’on remplit de béton. Au fur et à mesure de la pose des blocs, on dispose des tores horizontaux et verticaux.

L’ouvrage fait 36m de long sur 1,60m de haut. Sa forme en courbe permet une meilleure résistance aux poussées ; il est auto-stable.

La semelle de fondation est un des points les plus importants. Elle doit être large et solide. La mienne fait 1m de large et 40cm d’épaisseur.

Ferraillage

Mise en place du féraillage. Les filles sont au boulot. C’est beaucoup de travail que j’ai sous-estimé.

Le ferraillage est un autre point cruciale. La semelle reçoit un ferraillage très conséquent. La semelle doit être solidaire du mur. Au coulage de la semelle, des fers en attente doivent être prévus. On enfiche les bloc par dessus ensuite.

Vue plongeante. Il y a quelques jours, un orage apocalyptique a rempli le fond de la tranchée avec 20cm de boue. Résultat : 3 jours de nettoyage les mains dans la boue.
Plan de réalisation du contrefort


Le mur a un profil en L. Le pied du L étant la semelle qui doit être du côté Terre. Ainsi le poids de la terre fait pression sur la semelle ce qui garantie la stabilité de l’ouvrage. Voir figures c) et d) ci-dessous (source www.concretenetwork.com).


comme le montre la figure d) ci-dessus, j’ai réalisé des contreforts, sorte de petits murs de renforcement perpendiculaires au mur principal, orientés vers la terre et solidaire à la semelle. J’en ai disposé tous les 4m.

Couler le béton

La semelle est enfin coulée. Les conséquences d’un orage sont désormais moins à craindre.

La semelle a été coulée au camion-toupie mais les blocs ont été remplis par du béton réalisé sur place. C’est un travail de bête. Il aurait été préférable de remplir avec un camion-pompe mais le coût en est très élevé. Il faut aussi savoir qu’on ne peut pas remplir plus de 5 à 6 rangées de blocs car au dessus, il y a un risque que les blocs inférieurs éclatent sous la pression du béton. Donc, suivant la hauteur du mur, on remplit en plusieurs étapes. Les locations successives de camion-pompe peuvent alors faire grimper la facture d’où mon choix de le faire à la main.

Remplissage de la brouette. La petite Louise surveille
On apporte la brouette pleine sous le portique. On la monte au palan à chaîne (avantageusement remplacé par un palan électrique ultérieurement).
Et on vide la bête dans les blocs à bancher.



Drainage

Vue de derrière. On aperçoit les poteaux de renfort.

Il faut soigner le drainage. J’ai disposé un drain agricole derrière le mur au dessus de la semelle. Le drain est noyé dans 30cm de gravier. J’ai disposé un géotextile par dessus le gravier pour éviter une obstruction par les particules fines.

Des barbacanes, sorte de tuyaux creux traversant le mur de part en part, doivent être disposées tous les 5m dans le bas du mur. Les barbacanes empêchent l’eau de s’accumuler derrière le mur.

J’ai disposé des hourdis derrière le mur pour améliorer le drainage vertical.

Faire vite

Petit incident pendant les travaux : la pelleteuse est venu pour creuser la forme de la semelle. Nous avons préparé et ligaturé le ferraillage en attente de coulage du béton. Cette tâche a été très longue. C’était l’été et nous avons eu un gros orage qui a provoqué des éboulis de terre dans la forme de la semelle, recouvrant le ferraillage de 20cm de boue, beaucoup plus par endroit. Il a fallu déblayer tout cela sachant que le travail était rendu pénible par la présence du ferraillage dans la boue, que nous ne voulions pas détruire. Cela laisse des souvenirs... Conclusion : la construction d’un mur de soutènement ne doit pas trainer en longueur.

Le mur m’a couté environ 3000 euros de matériaux en 2001.